Longues traînes de soie, tapis de fleurs, chapeaux faisans : la haute couture a repris goût à parader à Rome et retrouvé lors du clou des défilés pour les lignes automne-hiver 2002/2003, une touche glamour inespérée. La participation, pour la première fois, de Laetitia Casta, incarnait à la perfection cette tentative de la capitale italienne de redonner du lustre à ses maisons de couture, éclipsées par le prêt-à-porter milanais.
Encore du chemin
Le journal "Corriere della Sera" a réservé sa réponse en constatant, que "la mode à Rome est un spectacle extrêmement différent de celui de Milan (...) L'unique chose absolument identique entre Rome et Milan est la quantité de gaffes, de piètres figures, de faux pas et d'impairs", a ironisé la critique milanaise Lina Sotis.
Un public de demi-mondaines, de starlettes romaines et d'ex-ministres, un certain amateurisme dans l'animation du final, retransmis sur la chaîne privée Canale 5 : pour les plus avertis, Rome a encore du chemin à faire pour s'affirmer au niveau international.
Plus de défilés
Le nombre de défilés a été considérablement étoffé cette année, pour frôler la quarantaine, ainsi que le nombre de jours de présentation, passé de trois à cinq. La ville a offert aussi un nouvel espace, l'auditorium de la musique, qui a permis aux créateurs d'affiner leur mise en scène.
Patrizia Pieroni a signé une véritable chorégraphie pour présenter des sauvageonnes vêtues d'une blancheur galactique, slalomant pieds nus au milieu d'un spectacle de tango. La créativité a été mise en valeur avec les défilés des élèves de plusieurs écoles afin de faire souffler un vent de renouveau sur les noms historiques de la haute couture de Rome, Gattinoni, Egon von Furstenberg, Raffaella Curiel, les soeurs Fontane. L'enfant chéri Valentino, qui a des ateliers à Rome mais défile à Paris, n'était pas de la partie cette année.